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mercredi 25 mars 2015

The Roswell Slides Saga: Some Claims versus some Facts...(Draft Version)



"Je ne sais pas ce que cette image représente. Par conséquent, il pourrait s'agir de visages extraterrestres". En fait, non, pas le moins du monde ! (Photo du Mütter Museum à Phildelphia, PA.). 
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Votre dévoué (au workshop CAIPAN / GEIPAN / CNES, juillet 2014 consacré aux "UAP"), et toujours prêt à entendre une belle histoire...
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AVERTISSEMENT: Ce travail est le fruit ou l'exploitation d'une recherche collective de l'équipe Roswell Slides et représente donc une adaptation personnelle de ce travail. J'ai essayé autant que faire se peut de créditer les images, montages, etc. Il est toutefois possible que j'aie oublié l'auteur pour certains, et je les prie de bien vouloir m'en excuser ou de me le signaler

Roswell Slides est une équipe fondée sur "le principe du livre blanc", c'est à dire réunissant des personnes de tous bords et tendances, sceptiques, historiens, ufologues, psychologues, "anomalistes", personnes plutôt défendant une réalité exotique derrière les OVNI ou non (UFO-sceptiques). Parmi ses membres (plus d'une quinzaine), on peut compter (en dehors de ceux désirant rester anonymes), José Antonio Caravaca*, Curt Collins, Roger Glassel, Paul Kimball, Lance Moody, Tim Printy, Chris Rutkowski, et votre dévoué.

* Lire aussi l'article de José paru le même jour que le mien : Is this Mummy the famous "Alien" in the Roswell Slides (en Anglais ou Espagnol).

Aussi, cet article est à l'état de draft et sera suceptible d'être modifié petit à petit sous forme d'add-ons.


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Sac à Dos : 

Dans mon livre "Roswell : Rencontre du premier Mythe", je proposais un "sac à dos" pour celles ou ceux voulant s'immerger dans cette affaire de Roswell. Il semble bien qu'il soit à nouveau de mise dans ce dernier rebondissement du mythe. Voici quelques outils indispensables à votre sac à dos, pour visiter la contrée du Nouveau-Mexique et peut-être rencontrer des Extraterrestres !

Le Principe de Parcimonie (ou rasoir d’Occam) : principe scientifique fondamental consistant à utiliser le minimum de causes élémentaires pour montrer la vraisemblance d’une hypothèse ou expliquer un phénomène.
Ainsi, lorsque l'on construit une explication, on évite de multiplier inutilement des raisons, des démonstrations, des facteurs, des causes, des éléments. On tente d'exclure également tout recours à des causes extraordinaires quand on peut expliquer un phénomène avec des causes ordinaires. De là, entre deux explications en compétition qui permettent de prédire exactement les mêmes choses, celle qui est la plus simple en ce sens de la parcimonie est celle qui doit se voir privilégiée. En d’autres termes, ne faisons pas plus de suppositions que nous ne devons, pour expliquer quelque chose.
D’abord, les causes ordinaires, puis les causes extraordinaires : pour expliquer un phénomène, il faut commencer par examiner les causes ordinaires. Tant que celles-ci expliquent le phénomène avec une vraisemblance maximale, il est inutile de recourir à des causes extraordinaires. 
Maximum de vraisemblance : estimer le maximum de vraisemblance entre plusieurs paramètres en concurrence (hypothèses, arguments...) consiste à estimer les valeurs de ces paramètres et privilégier ou ne garder que ceux qui ont la vraisemblance maximale, afin de les départager. 
C’est à celui qui affirme quelque chose que revient la charge de la preuve : si quelqu'un prétend quelque chose, comme avoir vu un éléphant rose dans son jardin ce matin, c'est à lui d'en fournir la preuve, et non à son contradicteur de prouver que ceci est faux. 
Une allégation extraordinaire requiert une preuve plus qu’ordinaire : face à une explication ordinaire vraisemblable ou très probable, une explication extraordinaire requiert une preuve solide. Une explication extraordinaire doit présenter des garanties de niveau supérieur pour se prémunir contre le risque d'erreur supérieur. En effet, si une explication extraordinaire est proposée, elle doit être accompagnée d’une preuve permettant de solidement l'asseoir par rapport aux explications ordinaires, afin de la rendre vraisemblable.
D’un point de vue épistémologique, l’exigence de la preuve n’est pas la même quand une allégation remet en cause tout le consensus scientifique : aller à l’encontre de ce consensus, validé par l’expérimentation, demande donc de présenter des évidences ou des preuves solides et convaincantes. 
Une explication ordinaire l’emporte sur une explication ad hoc : si une explication ordinaire est conforme au principe de parcimonie, et explique un phénomène avec un maximum de vraisemblance, et qu'une explication alternative lui est opposée en demandant plus de causes pour expliquer le même phénomène afin de rester conforme à un but précis, on dit de cette dernière qu'elle est ad hoc.
A ce titre, c'est la première explication qui doit bien sûr être privilégiée, car une explication ne saurait se conformer aveuglément à un but précis. En effet, une hypothèse ad hoc vise à expliquer des faits qui paraissent réfuter une explication uniquement pour rester conforme à l'explication réfutée, et non pour établir la vérité. Ainsi, pour maintenir la thèse extraordinaire expliquant Roswell face à certains arguments ordinaires, nous avons relevé que certains s'emploient souvent à avancer des explications ad hoc pour pouvoir maintenir leur hypothèse de départ. 
Le témoignage n’est pas une preuve scientifique : notamment, mais pas seulement, parce que la mémoire humaine n'est pas infaillible et peut être victime du "syndrome de faux souvenir", particulièrement lorsqu'il s'agit d'instancier des souvenirs lointains, le tout baigné dans une culture ambiante très particulière pouvant contaminer le souvenir.
Certains enquêteurs peuvent influencer consciemment ou non les témoins en posant des questions orientées menant aux réponses «  désirées  ». Ce phénomène de contamination du témoignage, ou faux souvenir, est bien connu des psychologues et a été abondamment étudié, notamment par Elisabeth Loftus.
De plus, l’Homme n’est pas un instrument de mesure physique fiable lorsqu’il s’agit, par exemple, d’estimer taille, vitesse, distance ou même ce qui est relatif au temps. 
Quantité n’est pas qualité : une collection de témoignages ne constitue pas une preuve scientifique ; de nombreux témoins qui se contredisent les uns les autres ou eux-mêmes sur plusieurs dépositions à travers le temps, ne valent pas mieux qu’un seul. Ce qui compte également, c’est la qualité d’un témoignage, et non la quantité de ceux-ci. 
La bonne foi, la notoriété, l'autorité d'une personne ne constituent pas un argument recevable : tout le monde peut se tromper ou être victime de méprises et de faux souvenirs, tout comme la bonne foi, la notoriété ou l'autorité n'empêchent pas d'être abusé, par exemple, par les plus célèbres illusions d'optiques. La détention d'un brevet de pilote d'avion n'élimine pas automatiquement la thèse de l'erreur de pilotage lors d'un accident aéronautique, un diplôme de chirurgien n'empêche pas d'envisager l'hypothèse de l'erreur médicale en cas de complications post-chirurgicales, etc. 
Poser l'hypothèse extraterrestre ne constitue nullement la validation de celle-ci : il faut en mesurer les conséquences, et examiner les alternatives possibles. Si l’une d’entre elles est plus économique, c’est-à-dire qu’elle explique le phénomène avec un maximum de vraisemblance, demandant moins de suppositions extraordinaires pour expliquer le phénomène, alors elle est logiquement privilégiée. 
Entre deux paramètres avancés (arguments, hypothèses...), l’importance de l’incertitude de l’un par rapport à l’autre les départage : comme pour le maximum de vraisemblance, le choix et la certitude en l’un des deux paramètres, plutôt qu’en l’autre, doivent relever de la mesure de l’incertitude qui existe objectivement entre les deux, au profit de celui des paramètres qui présente le moins d’incertitude. 
Qu’un paramètre soit possible (argument, hypothèse...) n’est pas la preuve de son existence.
Enfin, c’est l’explication qui respecte le mieux ces principes face à une autre qui doit être privilégiée.

English version: https://www.youtube.com/watch?v=z3LLY3jdAIo Parfois, on veut voir ce que l'on a envie de voir, et une photographie peut se comporter comme "un test projectif", notamment si l'on baigne dans une culture ambiante de nature ufologique ici en l’occurrence, ou que l'on est soit-même un acteur de ce mythe moderne de Roswell.
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Introduction


La "saga des diapositives de Roswell" est apparue dans le microcosme ufologique il y a environ 1 an et demi. Difficile de tout résumer ! Mais le meilleur de tous les efforts visant à la résumer est à mon humble avis et sans doute celui qui se trouve sur le site (en Anglais) Blue Blurry Lines, tenu par Curt Collins et intitulé "Rowell Slides" or Fraud Prints.

Autrement dit, à partir de seules diapositives, certains investigateurs seraient en mesure d'affirmer que ce qui y figure est extraterrestre et plus exactement lié sans aucun doute possible à l'affaire de Roswell !
A partir de seules diapositives ? Pas seulement, ni vraiment... En effet, les principaux promoteurs de cette saga sont loin d'être de nouveaux venus et "agnostiques" tels que l'on s'y attendrait pour une prétendue découverte d'une telle magnitude. 

Parmi les principaux promoteurs, on trouve en effet Donald Schmitt, Tom Carey ou Anthony Bragalia et donc des personnes qui ont un très fort background, des livres à succès et des dizaines d'articles consacrés au mythe de Roswell.  "Je" suis revenu souvent dans mon livre à propos de Don Schmitt ou encore sur certaines affirmations d'Anthony Bragalia.
En quelques mots, ce sont des personnes véhiculant le mythe de Roswell (StoryTellers/Mythmakers en Anglais) depuis des années, et donc vraiment pas des chercheurs ne pouvant aucunement être influencés par celui-ci lorsqu'ils tombent sur une ou deux diapositives où figure un petit corps qu'ils n'arrivent pas à identifier. 
Consciemment ou non, de telles diapositives ne peuvent que favoriser quelque biais de confirmation, faire écho à leurs propres croyances, se comporter "comme un test projectif", sans compter quelque dessein "mercantile"...
De plus, il s'est ajouté à cette promotion, Jaime Maussan, qui est loin d'être tenu pour sérieux au sein même du microcosme ufologique partisan d'une réalité exotique derrière les OVNI. Voir par exemple (la liste de ses affirmations extraordinaires "bidons" ou carrément bidonnées serait très longue et surtout hors-sujet) "mon" debunking de l'une de ses précédentes promo... C'est pour dire et il ne s'agit aucunement d'hommes de sciences ou dénués de tout sens critique et d’intérêt personnels à la promotion de ces diapositives (et à en tirer quelque argent ou matière à futurs best-sellers)...

Enfin, il est important de noter que d'anciens storytellers/ mythmakers du mythe de Roswell, comme Kevin Randle ou David Rudiak se sont détachés de l'avis et des conclusions de cette équipe promouvant les diapositives. Par exemple, citons l'auteur à succès, Kevin Randle:
Qu'est-ce que tout cela signifie, tout simplement, et même si les diapositives s'avèrent à la satisfaction de tout le monde comme exposées et développées en 1947 ou 1948, ils ne vont pas être en mesure de prouver la nature extraterrestre de ce qui est photographié. Les momies semblent être [...] la meilleure explication de ce que les diapositives montrent ou une momie trouvée dans le désert. Cela n'a rien à voir avec l'affaire Roswell.


"Je ne sais pas ce qui est représenté sur ces diapositives.... Donc des êtres extraterrestres." Peut-être que cette image humoristique que j'ai conçue résume t-elle cette saga et son moteur "psychologique, sociologique et culturel" ? L'avenir nous le dira... 

"Simplement parce que vous ne pouvez concevoir comment les anciennes civilisations bâtissaient les choses, ne signifie pas qu'elles ont reçu l'aide des extraterrestres." 
Ces diapositives seraient ou seront présentées à Mexico City, lors d'une présentation payante à l'auditorium national de la ville (voir la vidéo suivante)... Pas très scientifique comme manière de procéder pour une nouvelle scientifique d'une telle magnitude, n'est-il pas ? Et avec notamment comme Guest-Star, l'Astronaute Edgar Mitchell pour lequel et notamment en regard du mythe de Roswell nous avions déjà proposé un billet critique (Dr Edgar Mitchell et ses Souvenirs de Roswell). Mais vraisemblablement aussi Stanton Friedman ou encore le très controversé Richard Dolan... 
Bref, principalement ou uniquement des ufologues ou promoteurs du mythe de Roswell, un témoin de rien, mais astronaute, le "physicien nucléaire des OVNI"... On s'attendrait à des pointures en anthropologie, en sciences forensiques, des exobiologistes, mais aussi folkloristes, sociologues ou psychologues pour une (pseudo) découverte d'une telle magnitude ! On est loin de cela....



Bien, voilà le cadre plus ou moins posé. Examinons certaines affirmations ou suggestions lues ou entendues ici ou là à ce stade.


Les "Experts" de ces diapositives soit-disant "d'extraterrestre" à propos de Diapositives pourtant bien ordinaires


Les deux diapositives du soit-disant extraterrestre de Roswell (voir après) semblent provenir d'un lot (d'environ 400 diapositives) d'une famille Américaine (selon les investigateurs, mais d'autres pistes et alternatives sont possibles également, sujet que nous ne débattrons pas dans le présent billet). 

Mais que nous ont déjà dit, affirmé ou proposé ces experts à propos d'autres diapositives bien ordinaires.
De là, si sur des diapositives ordinaires, ils semblent incapables d'identifier ce qui y figure, que penser de leur "analyse" des deux diapositives en question qu'ils prétendent extraordinaires ? A vous de juger...

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La diapositive suivante (en haut) de la série montre une maquette de l'HMS Queen Mary !
Hum non, il s'agit  de l'USS Imperator, renommé ensuite RMS Berengaria (la photo du bas représente le Queen Mary). Bref, une identification somme toute facile, mais plutôt ratée...

Cette maquette a été exposée dans un musée Américain circa 40's 50's, musée que l'on identifie très bien en menant une analyse minutieuse de cette diapositive et de certains détails présents, et avec lequel nous avons pris contact, comme d'autres de nos recherches le démontrent également, musée situé Côte Est.
A noter donc que cette famille visitait donc des musées et prenait parfois des photos au sein de ceux-ci...


En haut, une des diapositives du lot que l'équipe nous a prétendu montrant le Qµeen Mary, alors qu'il s'agit d'un tout autre bateau, le HMS Berengaria (Queen Mary en photo du bas).

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Dans le teaser suivant, on nous laisse à penser que les diapositives de la collection sont d'une période de dix ans à partir du milieu des années quarante. Justement...



Quand on isole ce que nous avons appelé le Paris Slide :
Une des diapositives du lot, que nous appelons le "Paris Slide"

(Merci à Irna France, "Nablator" et P. Hernandez pour l'identification de ces automobiles, toutes celles identifiées ici sont "anachroniques" pour la période circa fin des années quarante).


video
Vidéo réalisée par Lance Moody

Autrement dit, il est vraiment difficile d'identifier avec une grande précision la date des prises de vue même quand on dispose de détails bien précis.
Aussi, je serais bien curieux d'avoir le carton / mount de ce Paris Slide... En effet, s'il est similaire à ceux des deux diapositives en question, alors en aucun cas de tels "mounts" sont suffisants pour expertiser et prouver que sur les diapositives ayant ce carton/mount, il est photographié des éléments/scènes n'ayant pu l'être que durant les années 40's...


Il est facile de se procurer des diapositives montées sur des cartons soit-disant de la fin du début à la fin des années 40's sur divers site "vintage", alors que lorsque nous les examinons... il y figure des éléments des années 50 ou suivantes...  C'est justement ce qu'on fait certains membres de notre équipe.

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Concernant d'autres des diapositives pourtant "ordinaires" et certaines affirmations, suggestions, lues ou entendues, mais pourtant complètement erronées, alambiquées ou carrément spéculatives (pas sérieuses) vous pouvez vous reporter en particulier à la source suivante (en Anglais), la Newsletter Sunlite 7-2 de Tim Printy.

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Avant tout, il faut dire un mot sur ces deux diapositives, ou plutôt donner quelques images qui nous servent de matériels de travail à défaut de mieux (pour le moment)....


Il faut également toucher un mot de la pellicule qui semble avoir été utilisée, un film KODACHROME.
Ce type de film est principalement destiné et prévu pour des prises de vue extérieures. A partir du moment où il est utilisé en intérieur, notamment si le flash a été utilisé (ou non), tant les couleurs réelles et physiques, que les formes (du fait qu'il est nécessaire de prendre un temps de pause plus long) peuvent être affectées. En conditions intérieures, il va être donc important de poser l'appareil sur un trépied, ou bien quelque surface, ou encore à défaut de mieux sur son ventre...
Etant donné que l'étiquette (voir après) accompagnant le petit corps semble directement "illisible" (ou partiellement lisible suivant quelques autres déclarations), nous pensons que la photographie est de piètre qualité. Aussi, il est probable qu'avoir utilisé ce type de film en intérieur et dans les conditions de prises de vue que cela implique peut avoir largement affecté le rendu de la photographie, ajoutant plus de "mystère", ou plutôt rendant plus difficile son identification, la bonne visibilité de certains détails qui s’avéreraient pertinents.
En quelques mots, l'utilisation en intérieur de ce type de film prévu pour la prise de vue extérieure fait que parfois ce qui est capté par l'émulsion n'est pas forcément "homothétique" aux stimuli physiques et réels et ses caractéristiques (couleurs, formes, luminosité, tailles, structures). Pareillement, il faut tenir compte d'une variable "supra-additive", la présence d'une vitre devant le petit corps. Bien sûr, le matériel dont nous disposons a été volontairement flouté, passé en sépia, etc. Mais l'équipe a commis un petit impair, et a oublié d'appliquer cela pour une image visible dans une séquence. Certes, piètre matériel, mais déjà suffisant pour lever quelques pistes conventionnelles, effectuer des mesures, et bien plus encore. 
Passons aux deux diapositives ou plutôt le matériel sur lequel nous avons travaillé ou encore retravaillé :

La plupart de ces captures et sauf indications contraires ont été extraites par Curt Collins et mises à ma disposition (ainsi qu'à celle de tous les membres de notre équipe).





Ici, l'image extraite du teaser a été retravaillée afin d'en restituer au mieux ses proportions réelles...

L'image du teaser a été étirée verticalement + balance des couleurs. (merci à "Nablator")

La seconde diapositive, plus sombre et sans doute celle que l'on a démontée pour "expertise"...
Idem, mais démontée.











A propos de quelques affirmations, suggestions lues ou entendues....

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L'apparatus dans lequel se trouve le petit corps n'a rien de ceux que l'on peut trouver dans un musée !
L'investigateur Anthony Bragalia a par exemple déclaré : le corps est "enfermé" dans un container en verre qui ne ressemble à rien de ce qui est utilisé par un musée. Le corps est sur une couverture verte de l'armée "coupée à la hâte" et l'affichage/étiquette est quelque chose qui a été fait à la hâte aussi. 
Tout d'abord et en imaginant quelques minutes qu'il s'agirait ici d'un petit corps extraterrestre, on ne peut qu'être surpris et plus que dubitatif quant aux moyens carrément rudimentaires qui ici auraient été alloués pour l'exposer, le préserver et éviter tout risque soit de le contaminer ou d'être contaminé.
S'il s'agit ici d'un petit corps extraterrestre, les procédures pourtant attendues pour un artefact d'une telle magnitude sont ici bien naïves et ceci nous dirige déjà naturellement et logiquement vers quelque chose de beaucoup plus conventionnel, comme une momie, un "cadavre" (tels que ceux utilisés dans les cabinets de médecine pour les étudiants), une curiosité "morbide" ou quelque chose de ce genre.
Par exemple et sur ce point très précis, l'auteur et enquêteur Nick Redfern a consacré un excellent article (en Anglais)  The Roswell slides: Adios.



En réalité, il est facile de trouver des arrangements, étagères, boîtes ou caissons de verre, etc. qui ressemblent beaucoup à ce que l'on distingue sur les diapositives. Notre équipe a collecté des dizaines et des dizaines de conceptions différentes appartenant à des musées, cabinets de curiosités, morbides ou autres. Cet apparatus n'a rien d'étrange, ni de hors-norme.
Pareillement pour l'étiquette écrite, semble-t-il, à la main. De nombreux spécimens de musée sont exposés avec une étiquette écrite à la main (voir après), notamment si elle provient des chercheurs contemporains (valeur historique) ou encore lorsque les spécimens sont ou étaient amenés à voyager, à être restaurés, etc.
Le docteur David Hunt, un anthropologue du Smithsonian Institute nous a lui-même indiqué que de tels apparatus étaient ou sont encore utilisés, qu'ils sont très variables d'un institut, musée, cabinets, etc. à d'autres, pour des raisons allant du coût économique, ou simplement de conception. 
La couverture (blanket) de l'armée mentionnée par Bragalia n'est que pure spéculation s’imprégnant d'ingrédients du mythe de Roswell où l'Armée Américaine aurait joué un rôle. Cependant, c'est une remarque intéressante. Une explication ou piste bien plus terre à terre est que pour de nombreuses momies, on a retrouvé avec elles leur linceul. Elles sont bien entendu très vieilles et les ravages du temps affectent également le linceul, lui donnant ou pouvant lui donner un aspect "déchiré". Google image peut vous montrer de nombreuses momies, dans des caissons en verre, positionnées sur des couvertures (linceuls par exemple), tout comme pour le petit corps en question. Rien de surprenant là encore et à ce stade.

Etiquettes écrites à la main, pieds et main momifiés, Muséee Niagara Falls, circa 1989.


Concernant diverses momies, curiosités anatomiques, cabinets de médecines, etc :



Comparaison entre un apparatus de musée et notre diapositive (crédits Curt Collins).


Specimen 2397, assez similaire à ce que nous montrent les diapositives et dont nous allons causer plus loin. Mais aussi un exemple de linceul qui pourrait apparaître comme "une couverture de l'Armée Américaine" à l'œil non averti.

Momie d'enfant, Musée des Capucins, Palerme, Italie...

Momie d'enfant, Mais là encore un exemple de linceul qui pourrait sembler comme une "couverture de l'Armée Américaine" à l'œil non averti.

Specimen 2397 et son linceul qui pourrait apparaître comme une "couverture de l'Armée Américaine" à l'œil non averti.


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La taille et les proportions du corps que l'on voit sur les diapositives ne correspond en aucun cas avec ce qui est connu ou que l'on pourrait trouver dans un musée !

A nouveau, l'enquêteur Anthony Bragalia a déclaré : les membres (jambes et bras) sont longs et minces, disproportionnés. Ils sont vraiment très fins et fragiles. Le corps aussi est sous-dimensionné. Selon lui (mais par Tom Carey aussi), l'image que nous utilisons est comprimée à un tel point que la taille affichée n'est pas la taille réelle et correcte. 

Des membres longs et minces, paraissant frêles ou fragiles, c'est tout a fait ce qui est attendu et visible sur un très grand nombre de momies - notamment d'enfants - ou autres spécimens de musée, cabinets, etc.
Nous avons évalué et calculé certains rapports entre les bras, les jambes eu égard à d'autre partie du corps. Nous n'avons rien décelé qui sorte de la normale, bien au contraire. Par exemple le rapport entre la longueur des bras et du reste du corps est tout à fait dans la norme. Sans compter que s'il s'agit d'un spécimen d'enfant en très jeune âge, il est courant pour quiconque visitant quelque musée ou ayant visionné quelques images ou études, que la tête semble très grosse eu égard au reste du corps et le spécimen paraissant pour l’œil non-averti "disproportionné".
C'est pareil pour les "yeux, car si le corps est abîmé, notamment les tissus, soit par momification ou autres, en réalité, ce sont leurs cavités (orbites) qui deviennent plutôt "visibles" et non les yeux à proprement parler, et le rapport entre un œil et son orbite est généralement de facteur 4.

De quoi encore "tromper" l’œil non-averti, et encore plus quand l'expert a un background ufologique le poussant, consciemment ou inconsciemment à voir ce qu'il a envie de voir et véhiculé par sa culture (ufologique) ambiante, d'autant plus si celui-ci en est un acteur...

Nous avons choisi de prendre un exemple principal, à savoir la momie dite 2397 d'un enfant qui s'avère être tout a fait intéressante à ce stade, notamment pour causer de proportions, de disposition, d'apparatus, de "couverture", et bien plus.
Source principale + correspondance avec un anthropologue spécialiste de celle-ci : A CHILD’S MUMMY by David Hunt (AnthroNotes Volume 33 No.1 Spring 2012). Mais aussi d'autres corps bien de notre Terre.

En d'autres termes, l'humanoïde que semblent montrer les deux diapositives dites de Roswell présente de nombreuses similitudes avec une momie d'enfant (child mummy en Anglais). Ainsi, le présumé extraterrestre présente des similitudes remarquables ou flagrantes avec une momie découverte dans la ville de Thèbes (Egypte) en 1856. De façon intéressante encore, nous apprenons que celle-ci a été transférée au Wistar Institute (à Philadelphie) en 1860 où elle était en restauration (curation en Anglais) jusqu'en 1956, puis transmise au Smithsonian (situé à Washington, DC) où elle demeure encore aujourd'hui. Celle-ci est désignée "spécimen 2397", et elle avait justement (voir après) la tête détachée pendant sa restauration pré-1956 et les mesures sont conformes à celles présentées par les chercheurs, 86 cm...
Rappelons-nous également qu'une des diapositives parmi les 400 montre une maquette prise dans un musée Côte Est, c'est à dire non loin de Washington ou Philadelphie. Pareillement, une autre des diapositives nous indiquerait que le (ou les) photographes, c'est à dire la famille, s'est rendue à Paris, ville où les momies, curiosités, cabinets médicaux ou morbides sont et étaient légions...

Comparaison.

Comparaison entre le corps de la diapositive "de Roswell" et le spécimen 2397 (Crédits Curt Collins).

Proportions en pixels du specimen 2397 (crédit Tim Printy)

Proportions en pixels du corps de la diapositive (crédit Tim Printy). Rien qui soit "hors-norme" à déceler...

Proportion en pixels d'un squelette "quelconque" (crédit Tim Printy).

Comparaison entre le corps de la diapositive et le spécimen 2397.

Montage réalisé par Curt Collins à partir des deux diapositives
Comparaison (crédit Curt Collins)

Autre comparaison entre le corps de la diapositive et le spécimen 2397.

Idem.

Idem

Autres vues du spécimen 2397.

A nouveau, différentes comparaisons entre le spécimen 2397 et le corps de la diapositive "de Roswell".

Comparaisons de l'apparatus de 2397 il y a des décennies et notre diapositive....

Comparaison entre un autre spécimen de Musée (Buffalo) et notre diapositive

Il s'agit ici d'une photographie de l'exposition "Burns Collection Tour", à savoir ici des cadavres plus ou moins momifiés utilisés à des fins d'enseignement en Médecine dès 1860...

Idem. 4 doigts ! Non, l'index semble simplement manquant.

Specimen de la collection du naturaliste, cartographe, égyptologue et anatomiste Italien Girolamo Segato (1792-1836) - Burns Collection Tour. 


Comparaison entre 2397 et notre petit corps des diapositives (crédit Roger Glassel). Se pourrait-il que cette tache blanche soit en réalité une étiquette assez classique mises sur les têtes de diverses momies (numéro de la nomenclature du musée en général) ? Un simple reflet ou artefact ? Difficile de juger à ce stade...

Alien ? Non un foetus momifié retrouvé dans la tombe de Tutankhamun

Idem.
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Le nombre de doigts visibles sur les diapositives n'est pas de cinq !

Une autre affirmation qui a "fait le buzz" sur le net, tout comme dans de nombreuses émissions "teasing" avant l’événement du 5 mai à Mexico est le nombre de doigts compté sur la ou les diapositives. Que vaut cet "argument "en faveur d'un corps extraterrestre ? En réalité, pas grand chose.
Là encore, l'investigateur Anthony Bragalia déclara : la main sur la photographie ne montre que quatre doigts.

En réalité, de nombreuses momies ou autres spécimens nous indiquent que très souvent le pouce est rétracté sous la paume de la main (ou tel doigt sous un autre), si bien que suivant la perspective, mais aussi suivant la qualité photographique (à nouveau, nous pensons que les diapositives sont en réalité de faible qualité), on ne va "compter" que quatre doigts. Egalement, les ravages du temps sur une momie peuvent faire qu'un doigt se sera détaché naturellement ou pendant les pillages, etc. Pour l'anecdote, s'il en est une, l'histoire des momies aujourd'hui exposées au Musée de Guanajuato nous indique qu'autrefois, alors que les spécimens étaient faiblement protégés, certains visiteurs ramenaient avec eux comme relique et souvenir... un doigt !

Parfois, il est assez facile de compter les doigts et donc d'en trouver 5.
Parfois non, ici le pouce est bien entendu rétracté sous la paume.
Quatre doigts visibles, donc alien ? Non, photographie d'une Momie du Musée de Guanajuato, Mexico City.

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La tête est détachée du corps, rien à voir avec une momie !

Cet argument a été lu ou entendu à maintes reprises. Nous avons déjà précisé que tel était le cas pour le spécimen 2397 avant sa restauration. Un exemple suffit. Souvent, les momies découvertes sont dans un état très moyen ou lamentable, et les anthropologues s'efforcent alors de les restaurer et de les présenter et remettre dans un état correspondant aux rites funéraires de l'époque, c'est à dire dans leurs dispositions contemporaine et historique. Là encore, ce n'est pas un argument solide ou recevable pour écarter la piste d'un musée, institut de restauration, cabinet médical, de curiosités ou morbide à notre humble avis.

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Les yeux sont étranges, rien à voir avec ce que l'on peut trouver dans un musée !

Là encore, l'enquêteur Anthony Bragalia déclare : Les yeux sont énormes et du double de la taille de ceux d'un Humain.
Bien entendu, l'affirmation est "gratuite" et non accompagnée de quelque mesure que cela soit ou de schéma, extrait de la photographie. En réalité, les yeux sont-ils réellement bien visibles sur la diapositive eu égard à son focus et sa netteté ? Déjà dit plus haut, si ce que les chercheurs considèrent comme des yeux concerne plutôt des orbites, les proportions deviennent alors "surprenantes" pour l’œil non averti qui pense ici voir des "yeux". La proportion entre l'orbite de l’œil et l’œil à strictement parler est généralement d'un facteur 4.

Spécimens du musée Dupuytren (Paris) et leurs étiquettes écrites  à la main...
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La poitrine et la cavité abdominale sont manquantes, incompatibles avec une momie du musée !

C'est une autre des déclarations de l'investigateur Anthony Bragalia (The chest and the abdominal cavity are missing). 
En réalité, ceci n'est guère surprenant (en mettant de côté les variables strictement photographiques pouvant affecter ou non ce qui est visionné eu égard au stimulus réel). En effet, que nous apprend et pour encore un seul exemple, l'article du docteur David Hunt concernant le spécimen 2397 (mais également les photographies plus haut du spécimen) ?
La poitrine de l'enfant et la région abdominale sont effondrées (The child’s chest and abdominal region are collapsed).
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Le témoignage d'Eleazar Benavides confirme que ceci est une photographie d'un des aliens trouvés à Roswell.

En réalité, beaucoup a été écrit sur ce "témoin" et choses sur lesquelles nous ne reviendrons pas. Ce qu'il faut retenir, c'est que celui-ci n'est aucunement une pièce "neuve" dans le mythe de Roswell. En effet, la rhétorique utilisée par les promoteurs des diapositives semble faire de ce témoin une sorte de pièce nouvelle. Rapidement, il a été démontré que celui-ci était préalablement apparu dans des émissions TV consacrées au mythe de Roswell, ou encore déjà présent dans les livres à succès des membres de l'équipe (Carey et Schmitt). Il y a tout lieu de penser que ce témoin est largement conditionné par le mythe. 
Et puis, pour ce faire, nos enquêteurs auraient dû utiliser une procédure plus standardisée et scientifique, plutôt que de lui présenter uniquement la diapositive et attendre sa réaction. Par exemple, en mêlant celle-ci parmi plusieurs autres photographies de prétendus "aliens" ou encore de momies, curiosités, etc. et voir quel choix il aurait opéré. Aurait-il choisi la diapositive en question ? Nous ne le saurons jamais du fait (voir mon livre) du manque de méthodologie des enquêteurs en faveur de l'extraordinaire concernant Roswell.
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Nous avons reconstitué la morphologie du corps photographié à partir d'un logiciel !

La reconstitution par logiciel semble être ce qui se sera un point fort de la conférence du 5 mai à Mexico. Que vaut encore cet argument ? Et bien, pas grand chose encore une fois.

En réalité, le visage (ou tout ce qui nous sera montré) est réalisé à partir d'un logiciel "3D" appelé Cinema 4D. C'est à dire ce genre de logiciel qui a été utilisé par exemple pour des films d'animation comme District 9, Prometheus ou Iron Man. Cela revient à superposer une image d'alien, telle que véhiculée par la culture sur le visage des diapositives (lesquelles encore une fois ne sont sans doute pas de la meilleure qualité qu'il soit), sans forcément que le visage réel ait quelques détails exotiques. Il est probable que l'on peut s'amuser à faire de même sur de nombreux spécimens (momies, curiosités médicales ou morbides, etc.) suivant ce que l'on décide d'injecter dans le logiciel. Bref, plus de l'art graphique que de la science. C'est ce qu'a fait de façon suggestive, Curt Collins :






Et puis, de simples specimens rencontrés dans des musées ressemblent à de petits aliens tels que véhiculé par la culture... Pour ne donner qu'un seul exemple, le membre de notre équipe, Roger Glassel s'est "amusé" à comparer l'image du logiciel et une des têtes d'un specimen siamois présent au Musée Dupuytren (Paris). Alien ! 

Alien ! C'est le logiciel qui le démontre !


Au total et à ce stade, notre équipe n'a rien trouvé de convaincant concernant cette saga. 
Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires (Carl Sagan). Or, à affirmation extraordinaire comme ici "ces diapositives montrent un corps extraterrestre retrouvé à Roswell", il est bien évident que l'on est bien loin de preuves extraordinaires ou plus qu'ordinaires...
Rien que spéculations,envie de croire, wishful thinking, méthodologies candides, théâtralité, affirmations paraissant extraordinaires, alors qu'elles ne le sont pas face aux faits, etc.

Dans un billet du 29 avril, nous nous intéressons à l'hypothèse d'un canular, faux ou d'une expérience sociale (en Anglais).


Ajout 4 avril 2015 : Adam Dew a déclaré que le nom "Roswell Slides" venait des internautes, et que son dessein, intérêt, etc. étaient autres, et que jamais, au grand jamais, il n'avait appelé ainsi les diapositives. On retrouve par exemple cela vers 4'50'' environ de son interview pour le WGN Morning Show. Où encore ici, dans les commentaires :"Je ne les ai jamais appelées les diapositives de Roswell. Pas une seule fois." (I've never called them the Roswell slides. Not once).
Pourtant que trouve-t-on en affichant les propriétés de son site ?

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Ce texte "caché dans le code-source" apparaît lorsque vous avez votre souris/curseur sur le lien principal du menu de la barre de navigation de son site. Autrement dit, son projet/documentaire concerne bien plus "les diapositives de Roswell" qu'il ne le laisse entendre en public et elles en sont même les principales pièces, le sujet ! :




Gilles Fernandez, Mars 2015