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dimanche 26 juin 2016

Rencontre rapprochée à Ariel School, Ruwa, Zimbabwe 1994 ? Quelques Contre-Tons...

Ce billet est une synthèse d'un travail collectif commencé en 2010/2011. Il n'aurait pas été rendu possible sans les analyses de certains intervenants des forum UFO-Scepticisme et Reality Uncovered, et en particulier et surtout mon ami Nab Lator. Mais aussi suite à de plus récents échanges privés.


Add-On 21 July 2016: Robert Sheaffer summerized and translated into English the "essential" parts of this article. A New Investigation of the 1994 Ariel School Case.

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L'observation d'Ariel School est l'une des plus importantes dans l'histoire récente des OVNI (Dominique Callimanopulos in Exploring African and Other Alien Abductions).
En 1994, Ariel School à Ruwa a été le site d'une observation d'un atterrissage d'OVNI. Certains élèves parmi la soixantaine impliquée dans l'observation ont également rapporté qu'un "être étrange" a communiqué avec eux les yeux dans les yeux. (Wikipédia).
Le 14 Septembre 1994, un OVNI a filé à travers le ciel de l'Afrique australe. Deux jours plus tard, quelque chose a atterri dans une cour d'école en Ruwa, au Zimbabwe, avec trois ou quatre choses à côté de lui, selon la journaliste Cynthia Hind. Cela a été vu par 62 écoliers, qui avaient peu ou pas été exposés à la télévision ou la presse populaire à propos d'OVNI. Cynthia Hind les a interrogés au lendemain de la rencontre et leur a fait faire des dessins de ce qu'ils avaient vu. (UFO Evidence).

Un des dessins de la rencontre par l'un des enfants...


Une comparaison entre le dessin plus haut d'un des enfants et un hélicoptère par M. Ellard... Source.

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Ce cas est donc considéré comme l'une des meilleures preuves de l'ufologie, d'autant plus qu'il est relativement récent. Il est d'ailleurs actuellement très souvent évoqué dans la "blogosphère" ufologique (comme par exemple sur le groupe FaceBook UFO-Updates), car un documentaire impliquant les témoins de 1994 retrouvés et interviewés à nouveau va bientôt sortir (en 2017 ?), Ariel Phenomenon. Voici son teaser/bande-annonce :



Je connais très peu d'articles ou de discussions sur le cas apportant des contre-tons, excepté celle en Anglais sur le forum Reality-Uncovered et celle en Français sur le forum UFO-Scepticisme à laquelle j'ai également participé. Je me propose d'en résumer les point principaux, mais en ajoutant aussi des éléments de réflexion personnelle.

Pour cela, il est important de découper ce cas en deux temps qui ont leur importance : la venue et les sessions d'interviewes de Cynthia Hind et celles de John Mack, deux mois après la venue de la première.
Si vous avez consulté les hyperliens (en orange) concernant ces deux personnes, vous avez noté qu'elles ont un très fort intérêt pour les OVNI. Et Mack plus particulièrement pour les abductions (voir par exemple cet autre billet concernant cette thématique) mais aussi pour l'écologie et la protection de la planète, le militantisme anti-nucléaire. On peut aussi lire l'entrée "alien abduction" sur le dictionnaire sceptique (en Anglais) ou encore en Français.
Aussi, il convient de s'interroger si, du fait de ce fort background culturel des enquêteurs, celui-ci n'aurait pas contaminé les témoignages, comme nous y reviendrons, du fait d'une méthodologie d'entretien avec l'enfant guère orthodoxe et très loin des canons et standards habituels, notamment ceux issus de la psychologie cognitive et de la criminologie.

Ainsi, il est particulièrement intéressant (ou révélateur) de constater combien la protection et l'écologie de la planète "apparaissent" dans les témoignages des enfants quand Mack les interroge, alors que cette thématique n'était pas présente dans les narratifs recueillis par Cynthia Hind...

La journaliste Cynthia Hind et le Docteur John E. Mack...

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La Venue de Cynthia Hind à l'Ecole...


Il est important de savoir que si Cynthia Hind s'est déplacée à l'école, il y avait un contexte propice, tout à fait particulier et exceptionnel : le Pays faisait l'objet d'une "vague d'OVNI" (UFO flap en Anglais) le 14 septembre 1994.
Mais quel était donc cet objet qui a survolé le ciel et donné lieu à des rapports d'OVNI : un engin venu d'un autre monde (et qui aurait atterri plus tard près de l'école ?) ou bien quelque chose de beaucoup plus conventionnel, quoique légitimement surprenant pour des observateurs ?

Ces rapports d'OVNI du 14 septembre 1994 ont justement été récoltés et ont fait l'objet d'un article de Cynthia Hind dans la revue à laquelle elle a beaucoup contribué, UFO AFRINEWS, et en particulier le numéro 11, pp.4-18, Cet article nous indique que les observations de cet objet filant dans le ciel ont eu lieu entre 20h50 et 21h05. Certains des témoins ont réalisé des dessins de cet OVNI. En voici quelques uns :

Dessins de témoins de l'OVNI ayant survolé l'Afrique Australe le 14 Septembre 1994 entre 20h50 et 21h05...

Dessins de témoins de l'OVNI ayant survolé l'Afrique Australe le 14 Septembre 1994 entre 20h50 et 21h05...


Le lecteur de ce blog a sans doute remarqué un fort air de famille avec d'autres dessins d'OVNI, alors que le stimulus conventionnel qui les a généré n'était qu'une rentrée atmosphérique (débris spatiaux manufacturés), notamment avec ceux présentés dans cet article (en Anglais), au chapitre Human Inter-Individual Variability in Perception, Memorization and Restoration of an Event or Stimulus.

L'Afrique Australe, et en particulier autour d'Harare, a-t-elle connu le passage d'une rentrée atmosphérique visible depuis son sol ? La réponse est affirmative et se trouve dans le Catalogue des Rentrées Atmosphériques de Ted Molczan :
Capture du catalogue de Ted Molczan pour le 14 septembre 1994... Vous pouvez cliquer sur l'image pour l’agrandir.

L'heure correspond également (18h51 UTC = 20h51 locale). A partir de logiciels, il est même possible de savoir si la rentrée était visible par exemple pour Harare. C'est ce que s'est proposé de faire "Nab Lator" :

Le passage de la rentrée atmosphérique de Cosmos 2290r depuis Harare entre 20h50 et 20h54 locales...
Aussi, l'objet qui a survolé le ciel de l'Afrique Australe et qui a donné légitimement (et classiquement) lieu à des rapports d'OVNI n'était qu'une rentrée atmosphérique...

C'est donc pendant ce contexte ufologique particulier que Cynthia Hind se rend à Ariel School, ayant eu vent d'un "incident" impliquant une "soixantaine" d'élèves entre 5 et 12 ans environ. Elle décide de s'entretenir avec eux. Ceci est relaté dans le numéro d'UFOAFRINEWS déjà cité, mais également le suivant.
On retrouve les sessions d'entretien avec les enfants dans un documentaire, et en particulier les extraits suivants :




L'entretien avec l'enfant a été l'objet de nombreuses expériences et articles scientifiques, adaptations et créations de protocoles standards d'entretien, en psychologie ou en criminologie, en vue d'éviter ou de minimiser bien des biais qui se manifestent lors de tels entretiens (ou même questionnaires) et qui "polluent" les témoignages. 
La méthodologie d'entretien avec les enfants de Cynthia Hind est vraiment très loin de ces standards de telle façon à au moins contrôler ces biais et variables parasites (surtout chez les jeunes enfants), mais justement ou pire elle les maximise... Elle n'est pas à blâmer, car sans aucun doute non-formée à l'entretien avec l'enfant, mais ceci nous permet de mieux comprendre ce qui se passe ici. Et surtout d'avoir un tout autre regard que celui des ufologues sur les témoignages et les dessins des enfants, bien plus précautionneux et critique...

Les criminologues et les psychologues recommandent déjà deux principaux critères méthodologiques en ce qui concerne l'entretien avec l'enfant que Cynthia Hind ne respecte pas : l'entretien individuel et favoriser la narration libre. 

La narration libre n'est pas respectée : L'interviewer, l'enquêteur policier (ou non) ou le praticien se doit toujours d'interroger l'enfant sur son souvenir et son rappel de l’événement en laissant l'enfant délivrer son témoignage. Il ne doit absolument pas l’interrompre, ni lui poser des questions spécifiques et précises. Au mieux, il peut de temps en temps et uniquement le paraphraser, afin d'encourager l'enfant à continuer son récit. C'est dans un temps second, et uniquement, que l'on peut engager une seconde phase à l'entretien, celle des questions, mais là encore avec un certain nombre de précautions et procédures standards qui s'imposent (nous y reviendrons).

Les sessions d'entretien sont collectives et non pas individuelles : L'entretien avec l'enfant doit se faire de manière individuelle (là encore avec une procédure particulière). Or, dans les extraits vidéo-enregistrés plus haut, il est frappant de voir que les enfants sont interrogés en "rang", de quatre à six enfants. Parfois, d'autres enfants sont en arrière-plan et écoutent un autre enfant interrogé. Les adultes discutent entre eux ou "débriefent" alors que les enfants sont encore très proches et présents...
Aussi, les enfants entendent ce que les autres racontent (y compris les adultes), et risquent donc de se co-influencer les uns les autres. Pire encore, un enfant qui n'aurait rien ou très peu vu, voit que ses petits camarades détaillent quelque chose et que cela intéresse fortement l'adulte (récompenses verbale et non-verbale). Cela pourrait encourager à participer au "jeu"...

Exemple/capture lors d'une session d'entretien par Cynthia Hind où un enfant interrogé par elle est écouté par d'autres enfants...

Autre exemple/capture d'une session d'entretien avec les enfants par Cynthia Hind : six enfants sont placés côte à côte et elle les interroge un par un, les uns et les autres s'entendant mutuellement... Ensuite, Cynthia Hind et l'adulte (headmaster ?) discutent et "débriefent" alors que les enfants sont encore présents...

Ces sessions collectives ont donc permis aux enfants de s'entendre les uns et l'autres, voire de se copier les uns les autres, pris dans un jeu où ils voient l'adulte et gentille dame intéressés par les narrations. Il faut donc en livrer une à son tour, pour ne pas être exclu ou intrus dans ce "jeu" qui s'est instauré. Ceci participant ou ayant potentiellement participé à donner une certaine homogénéité aux récits et donc détails rapportés...
De plus, c'est Cynthia Hind qui dirige l'entretien, interrompant sans cesse les enfants et ne privilégiant aucunement la narration libre.

On peut aussi s’interroger si le fait que les entretiens comme les séances de dessins ont eu lieu à l'école, ceci n'a pas conduit justement, encouragé ou "biaisé" à faire de ce qui se voudrait comme des recueils de témoignages ... des sortes d'épreuves scolaires, où, par exemple, l'enfant pense qu'il doit absolument répondre aux questions, produire un dessin, que l'adulte (ou l'autorité ici) sera en attente de réponses et donc qu'il produise...

D'autres variables parasites et "supra-additives" ont certainement été à l'oeuvre ici (ou on peut légitimement s'interroger). Par exemple, comme il s'agit de très jeunes enfants et que la TV (plusieurs chaines visiblement, BBC, SATV, etc.), une journaliste, sont venues, les parents ont sûrement été prévenus (pour quelque autorisation), Cynthia Hind présentée aux enfants, les parents discutant avec les enfants (de la vague d'OVNI en cours ?).

Ce genre d’événement à l'école a dû suscité l'intérêt et des discussions entre les enfants, les instituteurs, les parents, etc. Tout une série d’interactions pouvant "contaminer" les témoignages, c'est à dire à introduire chez les enfants l'idée que leur expérience avait à voir avec les OVNI et les extraterrestres.
Une des enfants déclare d'ailleurs (Charity S.) et interrogée par Tim Leach de la BBC à savoir si elle a déjà entendu parler d'OVNI, elle déclare: Je n'ai pas entendu parler d'OVNI avant (I've not heard of UFO before). Avant quoi ? Qu'on parle d'OVNI et d’extraterrestre justement avec les adultes, la journaliste, les parents suite à cet événement ? ...

En réalité, les témoignages recueillis par Cynthia Hind sont assez peu chargés en détails ufologiques "sensationnels" ; On est d'ailleurs très loin d'en retrouver une soixantaine dans l'article d'UFOAfrinews - je n'ai trouvé que deux ou trois mentions d'aliens - et une dizaine d'extraits de narrations (et cela, en se disant que les récits les plus sensationnels ont sans doute pourtant été sélectionnés)...
Et ce, si on les compare avec ceux qui seront recueillis par J. Mack deux mois après (embellissements et autres variables, biais que nous aborderons plus tard ?).

Par exemple, une des enfants (Lisa P.) déclare avoir d'abord pensé à un "alien", avant qu'elle ne réalise qu'il pouvait ne s'agir que... du jardinier (I thought it was an alien and then I thought it was the gardener).

Un autre enfant (Daniel M.) : Au début, je pensais que c'était quelqu'un du compound (quartier ouvriers agricoles) jouant autour. Ses cheveux n'étaient pas ceux habituels aux africains  - très bouclés et près de la tête - C'était plutôt comme des cheveux d'hippy, longs et noirs.
(At first I thought it was someone from the compound (labourers ' quarter) playing around. his hair was not like the usual African hair - very curly and close to the head- it was almost like a hippy's hair, long and black).

Les Dessins : Là encore, le gros problème ou contre-ton que l'on peut apporter aux dessins, c'est qu'ils ont été réalisés en séance collective et non individuelle (par le "proviseur" - headmaster -, et donc une sorte de tâche "scolaire", voir plus haut et après). Non seulement l'enfant voit que ses petits camarades dessinent, et donc que même si lui n'a pas vu grand chose, il va falloir dessiner.

Quand ont-ils été réalisés ?  Ce n'est vraiment pas clair et ce délai est une variable très importante eu égard à tous les facteurs psychosocioculturels évoqués tout le long de cet article et ayant potentiellement impactés ces dessins.
Selon Cynthia Hind dans UFOAFRINEWS, les dessins auraient été réalisés à la demande du HeadMaster, lorsque les enfants seraient retournés en classe...
Mais dans une autre source rédigée par elle-même, ce serait elle qui aurait demandé (au téléphone ?) et au "Proviseur" que les enfants dessinent avant son arrivée [deux jours après "l'incident"]*.
Enfin, lors de cette conférence (vers 1 heure 5 minutes) le réalisateur du futur documentaire (voir le trailer plus-haut) parle de dessin réalisés "un ou deux jours après".
De plus, il existe deux sessions de dessins, celle à la demande de Cynthia Hind (un ou deux jours après l’événement) et celle de John Mack (deux mois après).
Souvent, les dessins de l'une et de l'autre des deux sessions sont mélangés dans les présentations sensationnalistes (comme lors de la conférence du lien précèdent).

* "I had suggested to Mr. Mackie prior to visiting the school and before the children had been interviewed that he let the children draw what they had seen."


Combien de dessins ? Les medias ufologiques nous proposent souvent ou laissent à penser à leurs lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs à 62 dessins, bien homogènes et décrivant la même chose. Mais Cynthia Hind elle même parle de 30 à 40 dessins, et qu'elle dispose de 22 de ceux-ci (photocopies) "parmi les plus explicites et clairs". Les autres ne le seraient donc pas ? ... Aussi, il ne faut pas mélanger les dessins effectués à la demande de Cynthia Hind et ceux réalisés lors de la venue de John Mack deux mois plus tard (ce qui n'est pas précisé dans les médias ufologiques).

* "[...] and he [headmaster] now has about 30-40 drawings, some of which are very explicit and clear, although some are rather vague. The children's' ages vary from 5/6 to 12 years. I have 22 photocopies of the clearer drawings as Mr. Mackie kindly allowed me to page through the pictures and choose those I wanted."

Ce sont à peu près toujours les mêmes (une dizaine/quinzaine) qui sont présentés dans les émissions ou articles ufologiques... Et, à nouveau, il est important de noter que sont mélangés ceux effectués à la demande de Cynthia Hind et ceux réalisés lors de la venue de John Mack, deux mois après.
A-t-on sélectionné ceux-ci parce que les plus "sensationnels" et "ufologiques" ? A nouveau, la séance en question (collective) a certainement forcé les enfants à dessiner et "produire - quitte à imaginer ou tenter de dessiner ce que les autres ont rapportés et ce que les adultes attendent ?

Les dessins qui sont le plus souvent présentés par les médias ufologiques...
Enfin, et ceci est rarement mentionné ou remarqué, il y a également eu une session où les enfants étaient invités à dessiner au tableau cette-fois ci, et pas simplement sur papier. Là encore, cela ne revient-il pas littéralement "à envoyer l'enfant au tableau" ? Et c'est encore à mon avis une erreur méthodologique : on met l'enfant comme lors d'une situation d'exercice scolaire, le "forçant à produire", l'adulte et autorité attendant quelque chose (et "autorité" qui le récompensera verbalement ou non-verbalement)...

"Au tableau, Mademoiselle"...
John Mack aussi, deux mois plus tard, invitera encore les enfants à dessiner...

Session de dessin, cette fois-ci avec John Mack, deux mois plus tard.

Idem...

Idem...

Comme c'est le cas pour les narratifs recueillis par Cynthia Hind, certains dessins rarement présentés ne sont guère sensationnels. Drôles d'occupants venant d'outre-espace...

On retrouve notre E.T. Hippy (ou Rastaman)...


Le dessin d'Oriana F....

Un dessin peu sensationnaliste... (source : https://www.youtube.com/watch?v=g41mxGQPp0k)
Pour un dessin, l'engin est colorié... en rouge ; Parfois, il y a plusieurs "engins", parfois un seul... Un dessin montre deux "occupants" sans visage, alors que la majorité (des témoignages comme des dessins) n'indiquent qu'un seul individu...

Par exemple, pour le dessin juste plus haut (Oriana donc), mais également reproduit plus bas, l'extrait de narratif était pourtant : J''ai vu ce bâton noir, un très mince, longue chose sur le dessus de la chose d'argent / I saw this black stick, a very thin, long thing on top of the silver thing (UFOAFRINEWS n°12).

On dirait que le "bâton" est devenu "l'entité" ? Ou en d'autres termes, "le stéréotype" (personnage à longs cheveux et yeux noirs) d'autres enfants qu'elle aurait écouté et ajouté au dessin ?

Ou encore, elle précisera plus tard (circa 2009) : Contrairement à d'autres enfants je n'ai pas pu voir/réussi à voir les aliens. Le gamin qui les vit est allé au-delà des limites du terrain de jeu et  je craignais de le faire à cause des règles de l'école.Unlike other kids i did not get to see aliens. The kid who saw them went beyond the boundaries of the playground which i was afraid to do because of the school rules.

Elle n'a donc rien vu du "personnage" mais il est pourtant bien présent (et relativement bien détaillé) sur son dessin... Pourquoi avoir dessiner un "personnage alors ? Probablement du fait des mécanismes de "contamination" que nous évoquons tout le long de cet article...


Le dessin d'Oriana F. ...

Cette session de dessins (en fait ces sessions...) ne s'est-elle pas comportée un peu comme un exercice scolaire ou un jeu complexe pour lequel l'enfant se sent obligé de produire quelque chose, quitte à imaginer, seul ou en fonction de ce qui a été rapporté par les autres enfants, la journaliste, les parents ? Mais aussi pour ne pas être "exclu" au sens de la psychologie sociale? Pour faire plaisir à la gentille dame, aux adultes, puis bientôt au gentil docteur Mack, encore ?...

Il est peut-être important de souligner aussi, à la lecture des articles de la revue UFOAFRINEWS que seul un petit groupe d'enfants s'est rapproché (une dizaine), les autres ayant vu de loin quelque lumière ou forme (la "cour" de l'école étant très grande). A quel groupe d'enfants (ceux qui se sont rapprochés ou non) correspond tel ou tel dessin (et récit) ? Et ce, afin d'examiner la part (ou non) d'imagination qui a ou aurait été mise en oeuvre pour ces dessins. Nous avons déjà montré que la petite Oriana ne faisait pas partie du groupe qui a approché et qu'elle déclare même n'avoir rien vu "des aliens". Pourtant elle dessinera l'entité...
De plus, ce détail, s'il en est un, permet de "revoir à la baisse" ou de façon beaucoup plus critique, le genre de titre "racoleur" de 62 enfants ayant fait une rencontre rapprochée qui trop souvent accompagne le cas dans les médias ufologiques ou sensationnalistes...

Mentionnons aussi, car cela n'est pratiquement jamais fait, que certains des témoins doutent des allégations des autres ou même avouèrent avoir "menti" . Par exemple Shelley S. :

J'ai entendu dire plus tard que Lizel et un autre gars dont j'ai oublié le nom ont avoué avoir menti pour obtenir de passer à la télévision et ma sœur et moi étions là-bas et nous avons regardé et encore regardé et a demandé une centaine de fois où sur la terre nous devrions regarder, et on ne pouvait voir quoi que ce soit, à part le fait que là où tout le monde pointait était à des MILES de nous, comment diable quelqu'un aurait vu de tels détails, même si quelque chose avait atterri là ?

/

I heard that later Lizel and one other guy whose name i forget confessed to having lied to get on TV and my sister and i were both there and we looked and looked and asked a hundred times where on earth we should be looking and we couldn't see anything, aside from the fact that where every1 was pointing was MILES away, how the hell would any1 have seen such detail even if something HAD landed there?

On notera aussi qu'aucun adulte n'est impliqué dans l'observation ou n'a vu quoi que cela soit. D'ailleurs, Mack écrit lui-même dans Passport to the Cosmos : les enfants ont couru avec excitation en retournant à l'école pour dire aux enseignants, qui se trouvaient alors à une réunion, ce qui était arrivé, mais les enseignants ont d'abord rejeté cela comme étant une farce ou l'imagination des enfants, et quand ils sont finalement allés voir, il n'y avait rien à voir. / The children ran excitedly back to the school to tell the teachers, who were in a meeting, what had happened, but the teachers initially dismissed it as a prank or the imagination of the children, and when they finally went to look, there was nothing to be seen.


La Venue du Docteur John Mack...


Ce second temps des entretiens (et dessins !) est important, car c'est là que des détails plus sensationnels vont apparaître dans les récits et devenir "comme par magie" bien plus "ufologiques", un message de protection et d'écologie de la planète livré par l'entité "télépathe"...

Mieux ou donc curieux et révélateur encore, les thématiques très chères à John Mack, comme la protection de la planète, la télépathie, vont "transformer" l'occupant narré ou dessiné par les enfants lors de la venue de Cynthia Hind en un gentil E.T. télépathe et écolo...
Curieuse coincidence ou fait révélateur pointant vers un problème de transfert et de contamination sociopsychosociologique du témoignage par l'interviewer/thérapeute ?

Là encore, ne serait-ce pas la méthodologie d'entretien utilisée par le docteur qui aurait induit et provoqué cela et ces nouvelles unités sémantiques dans les récits ? 
C'est en tout cas ce que "je" pense.

Tout d'abord, et contrairement à ce que j'ai lu parfois ci ou là, Mack ne s'est pas rendu à l'école très vite ou sur le coup, après l’événement, mais deux mois plus tard.

Aussi, John Mack avant ses entretiens avec les enfants, interviendra et répondra à des interviewes au moins sur la Radio 702, lors d'un programme TV qui a suivi les actualités nationales (j'ai décompté deux interventions radio et une intervention TV).
Le 30 novembre 1994, il fera un discours au Club de Sport local avec 300 invités (dont les parents, enfants et instituteurs ?) et présentera ses thématiques...
Ensuite, il aura de nombreuses interactions avec le "proviseur" (Headmaster) de l'école, les instituteurs. Mais aussi les parents puisqu'il allait s'entretenir avec leurs enfants...
Autant de moments où les adultes, puis les enfants, au cours d'un jeu complexe d'interactions vont avoir vent de ses thématiques.

La recherche en psychologie ou en criminologie connait et a connu depuis plusieurs décennies un champ très fécond de publications concernant l'entretien, cognitif ou non (ou concernant les questionnaires) avec les enfants ou les adultes.

Elle a permis la mise au point de protocoles afin de minimiser, et surtout contrôler, certains biais qui peuvent contaminer le recueil de témoignages par entretien (ou questionnaire). Nous avons déjà insisté sur le fait que la narration libre doit être absolument privilégiée comme première phase. 
Une seconde phase, celle des questions doit elle aussi se prémunir de toute une série de biais bien connus (comme la tendance à l'acquiescement, la désirabilité sociale, l'incompréhension ou mauvaise compréhension des questions, le mensonge, etc.)

Ainsi, un des principaux biais est l'effet d'attente. La personne, et notamment l'enfant, va avoir tendance à répondre ce qu'il ou elle pense que l'on attend de lui ou d'elle.
On trouve également la tendance à l'acquiescement (ou "biais vers le oui") à savoir une attraction du sujet pour les réponses positives (Oui, Vrai, D’accord, etc.), et à répondre plus volontier oui que non. Et ce même s'il n'a pas de réponse ou même de réelle opinion sur ce qui lui est demandé.
Le biais de conformisme, à savoir que celui qui est interrogé va avoir tendance à se conformer à la norme sociale ou du groupe restreint (surtout si dans le cas qui est le nôtre, les entretiens sont collectifs et que les enfants s'entendent les uns les autres) mais aussi pour les réponses attendues, surtout si, pour les autres (comme pour lui), elles ont généré quelque récompense verbale ou non-verbale (on a fait plaisir à l'enquêteur, au gentil docteur). Il existe bien de ces biais et tendances.


Extrait de l'article "the cognitive interview of children" (Institute of Forensic Expert Opinions, Kraków).
Conclusion de l'article "l'entretien cognitif" (Université Paris 8)...


C'est pourquoi les psychologues et criminologues ont établi des protocoles standards et rigoureux d'entretien, notamment avec les enfants. Il a été démontré concernant les questions les choses suivantes :

On ne force jamais l'enfant à imaginer dans la question.

Par exemple John Mack demande souvent aux enfants, Dis moi ce que tu IMAGINES (être sa raison de visiter la Terre ?).
(Tell me what do you IMAGINE (is his reason for visiting Earth?). 
Ce genre de question oblige l'enfant à imaginer et il sait que l'adulte attend une réponse. Si l'enfant a répondu, voilà un détail ufologique concernant l’événement, alors qu'il n'a rien à voir...

L'enfant (répondant à cette question l'invitant à IMAGINER): Je pense qu'il est/que c'est ... Quelque chose va se passer / I think it's about... something is gonna happen.

"Pire" encore et dans le même extrait (allez vers 2'37'', video suivante), Mack pose ensuite la question (fermée, suggestive, affirmative) au même enfant :
Mack: Comment cela t'a été communiqué ? / How did that get communicated to you?

Une telle question encourage à nouveau l'enfant à imaginer et à trouver, inventer une réponse factuelle...
Et la magie se produit :

L'enfant: C'est simplement apparu/cela a sauté dans/à ma tête / It just popped in my head.

C'est donc de la télépathie et l'être, un alien télépathe... 

Allez à environ 2'10'' pour voir John Mack poser ce type de question aux enfants :


On retrouve très souvent ce même type de questions forçant l'enfant, non pas à rendre compte de ce dont il a ou aurait été témoin, mais à imaginer, induisant donc les réponses souhaitées par John Mack ou pour lui faire plaisir, sans certitude d'ailleurs parfois de l'enfant !

John Mack : Pourquoi penses-tu qu'ils veulent que nous ayons peur ?
L'Enfant : Peut-être parce que nous ne nous occupons pas de la planète et de l'air correctement.
(John Mack: Why do you THINK they want us to be scared?
Child: MAYBE because we don't look after the planet and the air properly.)

L'enfant ici a probablement deviné ou devine la réponse souhaitée, celle qu'aurait ou a envie d'entendre le docteur suite aux thématiques qui lui sont chères.
On favorisera les questions ouvertes qui permettent des réponses plus longues et élaborées par l'enfant, mais là encore on n’interrompt pas l'enfant...

Les questions fermées doivent être évitées, car si l'enfant n'a pas de réponse ou la réponse, il va ou peut en élaborer ou imaginer une.

Les questions à choix multiples et donc à choix forcé doivent absolument être évitées, surtout chez les enfants. L'enfant peut en choisir une même s'il n'a pas de réelle opinion ou une réelle réponse à ce qui est posé, même s'il n'a pas compris la question. Et ce en vue de faire plaisir à l'intervieweur, ou bien parce que ceci est vu un peu comme un exercice, une tâche "scolaire : l'enfant se sent obligé de choisir parmi ce qui est proposé. Au hasard. On montre expérimentalement que si l'on pose plus tard une même question au cours d'un entretien, il n'est vraiment pas rare et significatif que le jeune enfant choisisse alors l'autre alternative (comme pensant avoir échoué ou avoir donné "la mauvaise réponse" avant).

Extrait de "Forensic Psychology" (2008)  by Salomon M. Fulero et Collaborateurs..

Citons cet exemple entre John Mack et une enfant. Deux questions à choix multiples (et forcé donc), l'enfant choisit les deux fois la seconde alternative, quitte à se contredire.

John Mack : (1ere alternative) Est-ce une idée que tu as eu avant, celle que nous ne prenons pas soin de la planète correctement et de l'air ou (2nd alternative), cette idée t'est venue lorsque tu as eu cette expérience ?
L'enfant : Quand j'ai eu cette expérience. [Elle a choisi 2]
John MackA quel moment as-tu ressenti cela? (1) Quand tu as a vu l'engin, ou (2) lorsque tu es retournée à la maison le soir ? (Mack ne doit pas utiliser de mot comme "engin", mais c'est un autre problème)
L'enfant : Quand je suis rentrée. [Elle a choisi la seconde alternative à chaque fois, quitte à contredire sa précèdente réponse...]

JM: (1) Is this an idea that you have had before, that we don't look after the planet properly and the air or (2) did this idea come to you when you had this experience?
Girl: When I had this experience. [she choose 2]
JM: At wat point did you feel that? (1) When you saw the craft, or (2) when you got home at night? (Mack must NOT use word as craft, but it is another debate, problem)
Girl: When I got home. [she choose 2 again and was contradicting herself and the previous answer she did before, aka the feeling DURING the experience, not later at home...]

Cet extrait est lui aussi sans doute assez révélateur :

Un enfant : Certaines personnes disent que les aliens ... viennent nous avertir ... à propos de quelque chose de mauvais va se passer sur la Terre / Some people say the aliens...come to warn us... about something bad is gonna happen to Earth.

Qui sont ces personnes qui disent cela ? La culture OVNI ? Les adultes, les parents, les instituteurs, John Mack qu'on a entendu dire cela ? 

Au total, tout comme chez Cynthia Hind, mais sans doute de façon pire (Mack ne se rend sans doute pas compte qu'il induit ou risque d'induire des faux-souvenirs aux enfants, fort dommageables pour leur personnalité), la méthodologie d'entretien avec les enfants de John Mack, quoique sans doute lui-même parfaitement honnête dans sa démarche, est vraiment sujette à caution, discutable et s'éloigne des protocoles standards, eu égard aux biais qu'elle induit et aux réponses souhaitées auxquelles elle conduit. L'enfant est sans cesse invité à imaginer, ou encore interrompu ;
La narration libre, pourtant incontournable ici - et recommandée par les psychologues et criminologues -, jamais privilégiée.



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Ce cas est pour moi un parfait exemple de ce que l'on trouve beaucoup trop  souvent en ufologie : un produit ufologique final où, et donc à la fin d'un long processus d’interactions et de variables psychosociales ayant été en jeu, on a un semblant d’homogénéité des narratifs ou des dessins (alors qu'il y en a peu), en très grands nombre, une soixantaine (alors qu'on ne nous les présente pas tous) ;

Principalement parce que l'on a choisi que ceux des dessins les plus sensationnels ou encore sorti et présentant des extraits de narratifs alors que ceux-ci ne proviennent aucunement de narrations libres, mais d'un jeu de questions-réponses où l'on a/aurait conduit inconsciemment l'enfant à produire ce que l'ufologue et enquêteur justement souhaitait et désirait.

Notons aussi que souvent le cas est présenté dans le microcosme ufologique en affirmant que les enfants étaient sans ou libre de toute culture UFO.
Par exemple, sur UFO EVIDENCECela a été vu par 62 écoliers, qui avaient peu ou pas été exposés à la télévision ou la presse populaire à propos d'OVNI. Pourtant, si on lit UFOAFRINEWS et Cynthia Hind dans le texte, celle-ci honnêtement écrivait :


Oui, les enfants blancs.
Des enfants interrogés par deux ufologues blancs qui ne maîtrisent pas le moins du monde les techniques d'entretien avec l'enfant.
On peut se demander si toutes ces variables parasites avaient été autres (et privilégiant donc l'autre "ethnie" et sa propre culture), plutôt que d'avoir un cas "ufologique", on n'aurait pas eu un cas de Tokoloshe.


Dans une des interviewes dirigée par Cynthia Hind et vidéo-enregistrée (video plus haut vers 26'), une des enfants (Emily) déclare "Tout le monde était en train de dire que c'était des OVNI / Everybody was saying they were UFOs."
Par conséquent, les enfants n'étaient pas du tout "UFO-Culture-Free" comme on le lit parfois dans les médias ufologiques afin de renforcer le cas.

Hind reprend ensuite le terme "UFO" en poursuivant l'entretien avec l'enfant...

Cynthia Hind et un adulte (le "proviseur ?) commencent à débriefer et discuter d'autres planètes, de voyages stellaires, etc. .... alors que les  enfants sont encore dans la salle (de 26'40" environ à 29' de la vidéo plus haut...
On est en droit de se demander (et un seul exemple suffit) combien de fois ce genre de variables "contaminantes" ont été à l'oeuvre et ceci nous invitant à regarder désormais le cas et sa sémantique ovniesque avec un œil beaucoup plus avisé et précautionneux.






Cynthia Hind et un adulte (HeadMaster ?) débriefent et discutent "autres planètes", "voyage spatiaux", etc. alors que les enfants sont dans la salle et entendent tout...

Je ne sais pas ce que les enfants ont vu et qui les a sans doute effrayé ou qui a suscité quelque curiosité. Un stimulus (ou des stimuli) "surprenants", sans doute bien de notre Terre et lointain, filtré selon une culture du Tokoloshe et/ou ufologique (suivant les enfants), qui deviendra chez de très rares enfants devenus adultes (comme Emily T. grade 3 - 8/9 ans - à l'époque et son témoignage jamais enregistré ou cité dans l'étude de Hind de 1994-1995 ou le documentaire...) et particulièrement réceptifs et suggestifs aux faux souvenirs implantés par le Docteur John Mack, une rencontre rapprochée avec une ou des entités "télépathes"...

Contrairement à ce que l'on lit parfois, afin de renforcer le cas, beaucoup des enfants avaient "un filtre OVNI" et n'étaient aucunement "UFO-Culture-Free". Ceux-ci, lors de l'observation initiale, auraient-ils élaboré et transposé (projection) à partir d'un stimulus ou des stimuli conventionnels eu égard à ce filtre et influencé / contaminé les autres ? Puis, les adultes, notamment l'ufologue et surtout le docteur, c'est à dire les "autorités"  feront le reste, "encourageant même" cette contamination.
Laissons le mot de la fin à Colin Mackie (le "proviseur" Headmaster ?)  - document de la BBC - :
Je crois que les enfants ont vu quelque chose. Personnellement, j'étais pas là [ ...] les imaginations se sont emportées / I did believe the children saw something. I personally wasn't out there [...] the imaginations got carried away. 


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Un internaute notait en commentaire sur le blog Bad UFOs, la ressemblance entre la "soucoupe volante" dessinée par un des enfants et celle de la série "Les Envahisseurs". La série est-elle passée à la TV du Zimbabwe circa 1994 ? 
La session de dessins ne se serait-elle donc pas comportée comme une sorte de tâche ou de jeu "dessine-moi une soucoupe volante et des entités" quitte à piocher dans des références culturelles, télévisuelles, et locales ?





Bibliographie en cours de collecte et de résumés pour un futur article ou section.

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Gilles Fernandez, June 2016.













mercredi 22 juin 2016

Science & Vie Junior Hors-Série n°118 (Juillet 2016)...

Couverture...

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J'ai eu l'immense honneur d'être longuement consulté pour ce numéro spécial "exobiologie" pour la partie consacrée aux OVNI de cet hors-série du célèbre magazine.

Le numéro est désormais dans vos kiosques...

Bien sûr, il s'adresse avant tout aux adolescents et pré-adolescents.

Quelques cas "bluffants" sont relatés, avec leurs bémols "sceptiques", Cash-Landrum, Téhéran, Vague Belge, Guernesey, Minot, etc...

Une partie sur les stimuli conventionnels pouvant générés des rapports d'OVNI ;

L'indiscernabilité OVNI/OVI ;

Et bien plus encore...

Sommaire...


Gilles Fernandez, June 2016.

mardi 7 juin 2016

Communication Trans-Instrumentale (TCI) : Le célèbre "médium" Marcello Bacci démystifié...


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Ajout 9 août 2016 : cette démonstration en vidéo, sans citer notre source...



Pour une fois, nous n'allons pas parler d'OVNI, mais de TCI (phénomène de voix électronique).

Et oui, je ne m'intéresse pas uniquement à cette thématique, mais aussi en ces fameuses preuves de l'après-vie et notamment tout ce qui concerne les Expériences de Mort Imminente (en tant que preuves de l'après-vie). Là encore, et issu de ma formation de psychologie (et neuropsychologie), je n'y crois pas le moins du monde (je le regrette infiniment, comme tout un chacun, peut-être : j'aimerais bien survivre après la vie ^^), mais nous en reparlerons peut-être lors de futurs billets... D'ici là, Carpe Diem !

"Je" vais démontrer ici que l'un des plus célèbres défenseurs de cette discipline et "médium" en communication avec l'au-delà à savoir Marcello Bacci, a dupé tout son monde pour une des plus célèbres "démonstrations" de ce phénomène "paranormal" qui circule ci-et-là, en DVD ou sur le net.

C'est le simple fruit du hasard qui a conduit à cela. Et pour l'anecdote, c'est un anonyme (internaute) qui me confiait cela en 2013, pourtant lui-même un fervent croyant en ce "phénomène". Quand les "croyants" se confient aux sceptiques...

La démonstration de la supercherie par "Croquignol777"....

"
Voici ce que j'ai découvert (par le simple fruit du hasard).

Hier soir je visionnais (en langue française) le 5ème volet de la saga : La Planète des Singes (version très ancienne produite entre les années 60 et 70), ce 5 ème film est intitulé La Bataille de la Planète des Singes ( 1973 ), et entre la 16ème et la 23ème minute de ce film figurent toutes les phrases en Français que Marcello Bacci a recopiées (enregistrées) mots pour mots pour duper tout son entourage. 
Dans le DVD, Quand l'Invisible nous parle daté de 2006, on y voit Marcello Bacci recevant sur son poste de radio ces soit disantes "voix de l'Au-delà" devant toute une foule d'admirateurs émerveillés ; Or toutes ces voix ont bien été enregistrées en 1973 pendant le tournage de ce film.Je vous en donne la démonstration :

D'abord, voici la totalité des phrases que Bacci a extraites de ce film pour duper tout le monde :
" Vous ne pouvez pas le croire mais vous le croiriez peut-être si vous l'entendiez de la bouche de vos propres parents"
" Est-ce que mes parents sont vivants ?"
" Non, mais leur image et leur voix le sont"
" Lorsque vous parlez de mes parents, essayez de vous exprimer clairement Comment pourraient-ils me dire ce que je veux savoir ?"
" Vous pourrez voir vos parents, vous pouvez les entendre, et ils peuvent vous dire ce que vous voulez savoir"
" D'après-vous, qui connaît absolument tout sur tout ?"
" Quelle idée de vouloir vous protéger d'un danger dont vous n'avez pas connaissance ?"
Maintenant, voici le lien d'accès direct du film de 1973 où vous retrouverez donc ces mêmes phrases figurant entre la 16ème et la 23ème minute. La première de ces phrases commence précisément à : 16'37".

Cliquez ici pour visionner le film en streaming :


Maintenant, comparez ces phrases avec cette vidéo :


Allez à la minute : 2'38" où le très candide et guère sceptique Père Brune présente ces voix obtenues par Bacci. Comparez bien, ce sont exactement les mêmes ! Avec la prosodie des voix de doublages aussi...

Notez que dans cette vidéo ne figure qu'une petite partie seulement de ce qu'a copié Bacci sur ce film, le reste des phrases que j'ai mentionnées ci-dessus, vous les retrouverez dans le DVD Quand l'Invisible nous parle.

Pour la phrase : Vous pourrez voir vos parents, vous pouvez les entendre, et ils peuvent vous dire ce que vous voulez savoir, elle a subi une retouche sonore de la part de Bacci, la transformant en :  Vous pourrez voir vos parents OU les entendre, et ils peuvent vous dire ce que vous voulez savoir. Le ou a été mis par montage technique à la place de vous pouvez, c'est la seule modification, toutes les autres phrases ont été copiées telles qu'elle figurent dans ce film.

Voici donc la PREUVE absolue de la supercherie que j'ai pu constater hier soir, j'aimerais que vous m'aidiez à présent à la faire valoir afin que ce DVD soit retiré de la vente car on ne peut pas laisser passer ça. C'est de l'escroquerie pure et simple avec preuve SOLIDE à l'appui.

Merci beaucoup Gilles de m'aider à faire éclore la lumière dans cette sale affaire, il faut informer le maximum de gens sur cette escroquerie, la vérité doit se savoir.

Cordialement,

Croquignol777
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Et bien voilà, le célèbre Marcello Bacci a dupé son monde et la démonstration en est faite. A partir des voix de doublages du 5ème volet de La Planete des Singes ! Le crime parfait ? Non, c'était sans compter sur le hasard et les coincidences...

Gilles Fernandez, Juin 2016

samedi 21 mai 2016

La Photographie d'OVNI de Tulsa (Smith, 1965) et le Peintre Clovis Trouille. Qui s'inspira de qui ?

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Début mai 2016, un sujet du groupe UFO-Updates fut initié et certains commentaires indiquaient que la photographie d'OVNI dite de Tulsa (1965) serait un faux réalisé à partir d'un détail figurant sur une peinture de Clovis Trouille, intitulée Le Poète Rouge. Cette solution aurait de quoi satisfaire. Mais ce "debunkage" est-il convainquant ou non ?

Une vidéo présentant la Photo de Tulsa :




Le tableau de Clovis Trouille (le détail figure en haut et à gauche) :







Pourtant en 2015, nous avons enquêté sur cette piste, et pour nous, il pourrait s’avérer qu'elle ne serait pas la bonne.
Attention, cette enquête n'a pas pour but de démontrer que la photographie représenterait un authentique OVNI. 
Non, pour un certain nombre d'entre nous, s'il s'agit d'un trucage, il n'a pas été réalisé à partir d'un tableau de Clovis Trouille, mais plutôt à partir d'un objet des années soixante appelé "Rotating Color Wheel". Il existe plusieurs modèles de cet objet de décoration ou ludique.



Il est possible que Smith, le photographe (âgé de seulement 14 ans), peut-être lors des fêtes de fin d'année, réalisa une série de photographies en intérieur de son arbre de Noël où figurait cet objet de décoration. Comme souvent avec ce genre de camera des années soixante, le flash n'aurait pas fonctionné. Découvrant la série de photographies et cette photographie "ratée", Smith aurait concocté cette histoire et berné son monde. On soulignera que Smith n'a jamais fourni les autres photographies issues de la même pellicule...
C'est en tout cas une piste défendue par des investigateurs comme Joel Carpenter, Larry Robinson et bien d'autres. On peut par exemple se référer à cet article, The Tulsa Photo, par Larry Robinson. Mais aussi à ce lien sur le site de P. Gross. En 2010, le blog Ufo Fotocat abordait également la photographie.
Nous apportons également d'autres éléments confortant et renforçant cette piste...



Trois vidéos montrant le fonctionnement d'un modèle de Rotating Color Wheel :

















Ajout 25 mai 2016 : Florent Michaud a réalisé une image animée, en utilisant le même modèle de "color rotating wheel" que pour l'article de Larry Robinson (modèle Spartus) et en abaissant progressivement la luminosité, à partir d'une vidéo où figure ce modèle. Jugez par vous-même.

Cliquez ici  pour obtenir l'image animée.






Florent Michaud a fait de même, mais de telle façon que les couleurs de la roue correspondent à celles de la photo originale. Mais il a dû manipuler légèrement l'image de la vidéo nous servant de modèle, car il y a un reflet à ce moment dans la vidéo qui empêche d'obtenir une forme "ronde. Ainsi, et cette fois-ci, la luminosité est abaissée sauf pour la partie de la lampe qui projette la lumière. A nouveau, le résultat est bluffant :

Capture originale de la vidéo utilisée pour l'image qui suit...

Cliquez ici pour obtenir la façon (image animée) dont cela a été réalisé.



Ainsi, rien qu'en abaissant progressivement la luminosité à partir d'une vidéo de la roue en fonctionnement, on obtient quasi-exactement ce qui est représenté dans la photo de Tulsa (couleurs et effets, formes, similarités géométrique et structurale des éléments composant "l'objet", etc.) ;

Et donc tel qu'attendu s'il s'agit d'une photo "ratée" de cet appareil, peut-être pendant les fêtes de Noël, en intérieur et condition de faible luminosité, alors que le flash n'aurait pas fonctionné ou été activé...


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La Piste Clovis Trouille : Quelques Premiers Indices nous permettant d'en douter...


Dès 2015, sur le groupe "UFO-Scepticisme", nous présentions des éléments permettant de douter raisonnablement de cette piste.
En d'autres termes, nous pensions que ce serait plutôt le peintre qui se serait inspiré de la photographie de Tulsa (elle a été par exemple présentée dans le célèbre magazine à fort tirage LIFE en 1966) et non l'inverse.
Voici pourquoi.

Tout d'abord, mes propres recherches montraient que ce détail ne figurait pas seulement dans l'oeuvre le Poète Rouge, mais également sur au moins deux autres de ses tableaux.
Ces deux autres tableaux s'intitulent La Joueuse de Tarentelle (1964), 65.5 X 54 cm. et Les Soucoupes Volantes (1932), 54 X 73 cm.





On aura noté que le tableau (de droite) s'appelle Les Soucoupes Volantes et est daté de 1932. Or, le terme soucoupe volante n'a été popularisé qu'à partir du 25 juin 1947 suite à l'observation du pilote Kenneth Arnold et l'erreur du journaliste BequetteCeci prouve donc que l'artiste et surréaliste modifiait ses œuvres à travers le temps. Autrement dit, une oeuvre de Clovis Trouille commencée dans les années trente pouvait très bien subir des modifications, tant du titre que pour les éléments qu'elle contenait, à travers le temps et au gré de l'inspiration de l'artiste. En réalité, nombre de ses œuvres sont datées plutôt sous la forme 194*-196*. Le Poète Rouge est d'ailleurs parfois daté "1949-1963" dans certains catalogues...

On me rapporta (communications personnelles) que le peintre, lors de réceptions chez lui, ou lors d'autres situations, pouvait parfois "ressentir un insight/instinct" et modifier n'importe laquelle de ses toiles, parfois commencée des décennies avant. Je n'ai pas pu vérifier cela, mais je me permets de le rapporter, malgré la mise en garde qui s'impose.


Mais cela tend également à montrer que Clovis Trouille avait quelque intérêt pour les "soucoupes volantes".

Je découvrais encore dans la littérature consacrée que l'artiste trouvait parfois ses sources d'inspiration à partir de photographies. Et ceci est particulièrement le cas pour le tableau Le Poète Rouge, comme le prouve le montage suivant.



La photographie de Tulsa aurait-elle pu elle aussi l'inspirer ? Et il aurait ajouté ce détail dans certains de ses tableaux ? Cette piste se renforçait peu à peu.

J'essayais de contacter le "biographe" de Clovis Trouille afin d'avoir plus d'informations, mais il ne me répondît pas.


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La Piste des deux Catalogues de 1963 et de 1965...


Mon ami Nab Lator fît alors une importante trouvaille afin de, peut-être, résoudre cette "controverse". Il découvre qu'il existe au moins deux catalogues de Clovis Trouille antérieurs à 1966. Si dans ceux-ci, ou l'un des deux, l'une ou bien les trois œuvres sont reproduites, le fameux détail sera-t-il présent ou pas ?

Mon navigateur de recherche me permettra de trouver le catalogue de 1963 sur divers sites de vente en ligne. Or, la description de l'objet en vente indiquait que ce catalogue ne fait "que" quatre pages, et que seule une oeuvre était reproduite en page de couverture, les trois autres pages n'étant que du texte... Dommage.



Je visionnais également les très rares interviewes filmées de l'artiste antérieures à 1966 sur divers sites consacrés avec l'espoir qu'une des trois œuvres y figurerait. Sans succès encore..
Il ne restait plus le catalogue de 1965 (en fait, un livre) à se procurer ou visionner en espérant qu'il reproduirait une des trois œuvres en question : celui de Jean-Marc Campagne, Clovis Trouille, Paris Pauvert 1965.





Nab Lator se rend alors à une galerie ou un vendeur Parisien, où il a localisé la présence de l'ouvrage. Et voila notre controverse résolue !

Ce détail ne figure pas dans l'oeuvre telle que reproduite dans le catalogue de 1965. Autrement dit, comme nous le suspections fortement, c'est l'artiste qui s'est inspiré de la photographie dite de Tulsa, et non l'inverse....






Gilles Fernandez, May 2016.